Bienvenue dans la famille Bernard de Montessus. Un clan de sept siècles : les forestiers des ducs de Bourgogne, les capitaines et les gouverneurs, les savants qui écoutèrent trembler la terre, et les cent cinquante-cinq d'aujourd'hui, de la Normandie au Chili. Ce site rassemble ce que le livre de famille a patiemment recueilli : entrez, feuilletez, et retrouvez les vôtres.
La famille de Montessus
Ce site, comme le livre de famille dont il est tiré, doit tout à Jean de Montessus. Par ses recherches patientes, il a fait revivre notre famille à travers les siècles, retrouvé nos aïeux jusqu'au fond du Moyen Âge et rassemblé la mémoire de tous les nôtres. Nous lui en sommes reconnaissants.
Depuis Hugues Bernard, premier « de Montessus » en 1487, l'arbre familial recense environ 250 porteurs du nom. Dans la seule descendance d'André et Claude, 53 le portent aujourd'hui vivants ; les branches de Jacques et de Rully en comptent quelques autres.
« Pour ses bons et notables services et parce qu'il est extrait de bonne et notable génération. »
Lettres d'anoblissement de Jacques Bernard par Charles le Téméraire, 1470« C'est en France que naquit le militaire, et au San Salvador le scientifique. »
Sur Fernand, le sismologue — allocution du centenaire, Santiago du Chili, 2023« La Normandie a toujours été notre port d'attache. »
Les sept frères et sœurs, lettre d'adieu à Marc, 2023La famille Bernard de Montessus est originaire de Montcenis, en Saône-et-Loire, au cœur de l'ancien duché de Bourgogne. Dès le XIVe siècle, des Bernard sont employés comme maîtres forestiers de la châtellenie de Montessus, dans la gruerie des ducs de Bourgogne.
La filiation continue de la famille est établie depuis Jacques Bernard, en 1463. La famille est anoblie en 1470 par Charles le Téméraire, et en 1732 elle apporte les preuves d'une noblesse remontant à 1487 — année où Hugues Bernard épouse Léonarde Sarrazin, héritière de la seigneurie de Montessus, dont la famille reprend le nom.
Admise aux honneurs de la cour, la famille reçoit le titre de comte en 1818. Elle figure aujourd'hui parmi les familles subsistantes de la noblesse française, avec des membres documentés jusqu'au XXIe siècle.
Bernard est le patronyme d'origine de la famille : « on trouve des Bernart, ou Bernard, ou de Bernard à Montcenis », note le livre de famille — un nom hérité, comme souvent au Moyen Âge, du prénom d'un aïeul. Ce prénom germanique, Bernhard — de bern, « ours », et hard, « fort, hardi » : « fort comme un ours » —, était particulièrement répandu dans la Bourgogne médiévale, terre de saint Bernard de Clairvaux.
« de Montessus » n'est venu qu'ensuite : c'est un nom de terre, accolé au patronyme après le mariage d'Hugues Bernard avec Léonarde Sarrazin, héritière de la seigneurie de Montessus (1487). C'est d'ailleurs bien « Jacques Bernard » que Charles le Téméraire anoblit en 1470, dix-sept ans avant que Montessus n'entre dans la famille. La branche cadette ajoutera de même « de Ballore » après l'achat de cette seigneurie en 1581 — d'où le nom complet porté aujourd'hui : Bernard de Montessus de Ballore.
Le champ d'azur est chargé d'un chevron d'or accompagné de trois étoiles d'argent, deux en chef et une en pointe — parfois trois étoiles d'or — et l'écu est timbré d'une couronne de comte. Les armes primitives portaient, à la place des étoiles, « trois molettes d'éperons » d'or. La famille a porté, selon les branches et les époques, les titres de comte de Rully, de Servignat, de Ballore et de Culêtre, de baron de Bellevêvre, et de seigneur de Brandon, de Montessus et de nombreuses autres terres.
Dans la hiérarchie de la noblesse française, les titres se rangent ainsi, du plus haut au plus modeste : prince, duc, marquis, comte, vicomte, baron, puis chevalier et écuyer. La famille les a presque tous portés au fil des siècles : marquis et comte de Rully, comte de Servignat, comte de Ballore, vicomte de Lunes, baron de Bellevêvre et baron de Vitrey. Aujourd'hui, c'est le titre de vicomte que l'on rencontre le plus souvent chez les Montessus vivants — et cela s'explique.

Le sommet de la noblesse titrée, juste sous les princes du sang. À peine quelques dizaines de familles ducales dans toute l'histoire de France. La famille n'a jamais porté ce titre.

À l'origine, le seigneur d'une « marche », une province-frontière à défendre. Au XVIIIe siècle, le titre fut si convoité que beaucoup se l'attribuèrent sans droit — d'où le proverbial « marquis de Carabas ». Charles-François fut marquis de Rully.

L'un des plus anciens titres, hérité du comes romain, compagnon de l'empereur. Nombreux dès le Moyen Âge. C'est le titre principal de la famille depuis 1818, porté par le chef de nom et d'armes.

Rare comme véritable fief (la vicomté de Lunes en fut un), mais très fréquent comme titre de courtoisie : les cadets d'une maison de comtes se disent vicomtes. Comme les cadets sont nombreux, c'est le titre le plus porté par les Montessus vivants.

Le premier échelon de la noblesse titrée, le plus ancien et le plus nombreux. La famille fut baron de Bellevêvre et baron de Vitrey.

Ce ne sont pas des titres, mais les qualifications de la noblesse non titrée — l'immense majorité des familles nobles n'ont jamais porté d'autre titre. Les premiers Bernard étaient « écuyers », puis chevaliers de l'Ordre du Roi.
Couronnes héraldiques : dessins d'Eusebius et Nonolapero, Wikimedia Commons (CC BY / CC BY-SA).
Sous l'Ancien Régime, on n'était pas comte « en soi » : on était comte d'une terre. Le titre tenait au fief — un comté, une vicomté, une baronnie — et se transmettait avec lui. Qui achetait ou héritait la seigneurie de Ballore ou de Rully en prenait le titre ; c'est ainsi que Melchior, acquéreur de la vicomté de Lunes, fut « vicomte de Lunes », et que la terre de Ballore fit des « comtes de Ballore ». Le titre suivait la pierre, non le sang.
Tout change avec la Révolution et le XIXe siècle : le titre se détache de la terre pour devenir un honneur personnel, héréditaire par les mâles et par ordre de primogéniture. En 1815, Patrice de Montessus est fait pair de France héréditaire, et la famille reçoit le titre de comte confirmé en 1818. Dès lors, la règle est simple : le titre principal — comte — passe de l'aîné à l'aîné, de génération en génération. À chaque époque, un seul chef de famille porte pleinement le titre de comte de Montessus.
Si le titre de comte ne revient qu'à l'aîné, que portent les autres fils ? Rien, en droit strict. Mais l'usage de la noblesse, aux XIXe et XXe siècles, a voulu que les cadets et l'ensemble des membres d'une maison titrée prennent un titre de courtoisie inférieur d'un rang : l'aîné reste comte, ses frères deviennent vicomtes. Comme une famille compte, à chaque génération, bien plus de cadets que d'aînés, le vicomte est mécaniquement le titre le plus répandu. C'est pour cela que Robert le mathématicien, André, Marc ou Jean sont dits « vicomte de Montessus de Ballore » : non par une création de titre, mais par cette courtoisie familiale qui donne à chacun son rang.
Le mot dit tout : vicomte vient du latin vicecomes — « vice », à la place de, et « comes », le comte. À l'époque carolingienne, le vicomte n'était pas un noble mais un officier : le lieutenant du comte, chargé d'administrer le comté, de rendre la justice et parfois de le défendre quand le comte était absent. Au Xe siècle, ces lieutenants devinrent si puissants que les comtes, pour se prémunir, leur cédèrent une part du comté en fief : le vicomte cessa alors d'être un fonctionnaire pour devenir seigneur à son tour, et sa charge, devenue héréditaire, se figea en titre. De délégué du comte, il était devenu le rang qui, aujourd'hui encore, se tient juste au-dessous de lui.
Par le jeu des alliances — Buffot de Millery, du Bois de Marcilly, Courtenay, Bourbon —, le livre de famille fait remonter l'ascendance jusqu'aux dynasties souveraines. Le volume 2 gravit les générations XXIV à XXXIV et atteint les Carolingiens : l'ancêtre le plus ancien nommé est Pépin le Bref (715-768), roi des Francs — « qui doit son surnom à sa petite taille » —, père de Charlemagne, sacré empereur d'Occident en 800, époux de sainte Hildegarde de Vintzgau ; puis Louis le Pieux et Charles le Chauve.
Suit la chaîne capétienne complète : Hugues Capet, Robert II le Pieux, Henri Ier et son épouse Anne de Kiev, Philippe Ier, Louis VI le Gros, Louis VII — premier époux d'Aliénor d'Aquitaine —, Philippe Auguste, Louis VIII et Blanche de Castille, jusqu'à Saint Louis, mort devant Tunis en 1270 et canonisé en 1297, puis Philippe III le Hardi et Charles de Valois, souche des Valois. S'y greffent les Plantagenêt (par Aliénor, fille d'Henri II d'Angleterre), les rois de Castille et León (Alphonse VIII le Noble, roi à trois ans et vainqueur de Las Navas de Tolosa ; Ferdinand III le Saint), Pierre II de Courtenay, empereur latin de Constantinople, les Rurikides de Kiev et les Welfs de Bavière.



Autour d'eux, un cortège de grandes figures : Jean de Vienne, amiral de France, tombé à la croisade de Nicopolis en 1396 ; Georges de La Trémoïlle, grand chambellan de Charles VII ; des chevaliers de la Toison d'Or (Neufchâtel, Croÿ, Vergy) ; Jean IV d'Aumont, tué à Azincourt à 23 ans ; les Buade, dont sont issus les Frontenac de Nouvelle-France ; et jusqu'à Fernando de Castro, capitaine à la prise de Ceuta, gouverneur de la maison d'Henri le Navigateur. Le livre range aussi parmi les cousinages l'ascendance du maréchal de Mac-Mahon.
Comme toujours en généalogie médiévale, les filiations antérieures à 1450 reposent sur des sources reconstituées (Roglo, Europäische Stammtafeln) et sont à prendre avec la prudence d'usage.
La lignée documentée s'ouvre sur Philibert Bernard (1341-1405), « messire et chevalier — ce qui suppose une ancienne noblesse », et sur Henri Bernard, lieutenant du bailli d'Autun et maître forestier de Montcenis, mort centenaire en 1408. Son successeur Pierre Bernard, maître forestier de la châtellenie de Montcenis (1406-1427), touche « cent sols tournois pour gage du premier semestre ». Jacques Bernard (1420-1494), procureur du duc de Bourgogne, est anobli en 1470 par Charles le Téméraire.
Le 5 juin 1487, son fils Hugues épouse Léonarde Sarrazin, qui « lui apporta Montessus par contrat de mariage » — maisons, terres et « justice et juridiction haute, moyenne et basse ». Le nom était fait.
Hugues Bernard meurt à 89 ans et est inhumé en l'église de Montcenis « devant l'autel de Saint-Laurent », là où « tous ses prédécesseurs avaient voulu mourir ». Son fils Pierre (1490-1564) commande cinquante lances pour Louis XII. Philibert (1540-1591) devient gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi et premier panetier du roi de Navarre, le futur Henri IV. En 1575, Henri III nomme Melchior gouverneur de la citadelle de Chalon-sur-Saône — ses armes s'y voyaient « au-dessus de celles du roi » — et celui-ci achète en 1581 la seigneurie de Ballore au comte de Charny.
Le siècle est payé au prix du sang : Jacques de Montessus est tué au siège de Privas en 1629, un an après La Rochelle ; Philibert, gouverneur de Beaune, tombe au siège de Montmélian en 1630 ; la peste emporte la dame de Rully en 1629 ; et la terre de Soirans est brûlée en 1636 par les armées impériales pendant la guerre de Trente Ans, tandis qu'André de Montessus défend la place de Pagny. Melchior II, gentilhomme de la chambre du Roi et gouverneur de Beaune, y établit une fonderie de canons (1637). C'est aussi le siècle du mariage de Guy de Montessus avec l'héritière de Rully (1617), et d'une légende restée fameuse :
Paul Henri (1681-1742), page de la Petite Écurie du Roi, avait fait quatre campagnes à seize ans ; ses preuves de noblesse sont vérifiées par d'Hozier en 1732. La famille s'allie aussi aux Commerson : Philibert Commerson (1727-1773), médecin et botaniste du Roi, embarque en 1767 avec Bougainville pour le tour du monde. On lui doit le nom de la bougainvillée, l'hortensia, le dauphin de Commerson — et sa servante Jeanne Barret, déguisée en valet, fut la première femme à faire le tour du monde. En 1789, Jean-Baptiste de Montessus (1720-1808), maire de Charolles, préside l'assemblée de la noblesse du Charolais.
La Révolution disperse la famille : Philippe Charles (1764-1831) émigre en Prusse, Jean-Baptiste est détenu à Charolles. Dans les lignées alliées, le général Dagobert meurt aux armées en 1794 — si pauvre « que les officiers se cotisèrent pour payer les frais de ses funérailles » — et son nom est inscrit sous l'Arc de Triomphe ; Bandy de Nalèche est fait baron d'Empire (1812) ; Lazare Lafouge, revenu de la campagne de Russie, devient capitaine des gardes du corps de Louis XVIII.
Ferdinand (1791-1845) est maire de Ballore pendant 33 ans. Charles Géry, conseiller d'État, est préfet d'Alger (1858), de l'Ardèche et de la Corse. Henry de Montessus, papetier, passe pour « l'un des protagonistes des Illusions perdues de Balzac ». Et la branche de Ballore donne ses trois savants — Ferdinand l'ornithologue, Fernand le sismologue, Robert le mathématicien (voir Personnalités).
En 1915, Alain Hayaux du Tilly, vingt ans, tombe aux Dardanelles « d'une balle en plein cœur en entraînant sa section » — Légion d'honneur posthume. André de Montessus (1912-1977), ingénieur Supélec, prisonnier de guerre, participe après-guerre à la création de la SOFRERAIL, l'export du savoir-faire ferroviaire français ; il épouse en 1946 à Meuvaines Claude Hayaux du Tilly (1924-2021), qui s'éteindra à 96 ans, laissant 7 enfants, 28 petits-enfants et 71 arrière-petits-enfants — la famille du classement. Leur fils Robert (1948-1982), ingénieur chez Framatome sur la centrale de Koeberg en Afrique du Sud, meurt à 34 ans dans un accident près de Windhoek, en Namibie. On retient aussi Suzanne de Malliard (1900-1985), première femme Dragon de France.
La guerre marque la famille au fer. Capturé le 23 juin 1940 à Thorey-Lyautey (matricule 15104), le sous-lieutenant André de Montessus passe cinq ans à l'Oflag XVII-A d'Edelbach, en Autriche — « la petite Sibérie », six mille officiers, le camp du record d'évasion collective (132 hommes) et du film clandestin Sous le manteau. Il y donne des cours de mathématiques, fait du théâtre, fabrique des postes à galène clandestins pour écouter les nouvelles qu'il recopie « sur des petits papiers »… et creuse avec ses camarades un tunnel d'évasion qui ne servira jamais : la libération arriva avant. Sa mère, presque aveugle, note dans son journal en 1942 : « il travaille beaucoup pour se distraire, mais il n'a pas de quoi manger ». Son frère aîné Jacques est prisonnier lui aussi — et c'est là que tout se noue : son camarade de captivité Louis de Buyer lui confie « qu'il a une nièce à Paris », Claude Hayaux du Tilly. Dans la belle-famille, Alain Hayaux du Tilly (1921-1947), frère de Claude, sert comme pilote de bombardier ; il meurt en service en 1947, aux commandes de son avion, écrasé sur un massif forestier du Jura. Son oncle Jacques Hayaux du Tilly disparaît en 1944.
La guerre passe aussi, littéralement, sur les terres familiales : Ver-sur-Mer, Meuvaines et Asnelles bordent Gold Beach, l'une des plages du Débarquement du 6 juin 1944 — la maison des Mésanges donne sur la rue de la Libération. Quand André et Claude s'y marient en juillet 1946, la côte sort à peine de la guerre. L'histoire familiale n'élude pas ses ombres : le livre note enfin que François Hayaux du Tilly, colonel de cavalerie et père de Claude, fut « délégué du Commissariat général aux questions juives en Tunisie en 1941 », une administration du régime de Vichy.
La branche aînée s'établit à Rully par le mariage, en 1617, de Guy de Montessus avec Antoinette de Tintry, petite-fille de Charles de Saint-Léger, qui apporte le château de Rully.
Pendant 320 ans, les Montessus veillent sur le domaine et l'améliorent considérablement. La branche donne notamment Patrice de Montessus de Rully, député en 1789, lieutenant général et pair de France.
La branche cadette, fixée sur la terre de Ballore en Saône-et-Loire, s'illustre de façon remarquable dans les sciences du XVIIIe au XXe siècle.
Elle donne trois savants de renom : Ferdinand, médecin et ornithologue ; Fernand, pionnier mondial de la sismologie ; et Robert, mathématicien auquel on doit un théorème classique sur les approximants de Padé.
Détail savoureux que révèlent les livres : divisées en 1564 à la mort de Pierre, les deux branches se sont réunies en 1706, quand Paul Henri de Montessus, marquis de Rully (1681-1742), épousa sa cousine Marie Charlotte de Bernard de Montessus (1684-1764), héritière du rameau de Ballore et Bellevesvre. Leur fils Jean-Baptiste, comte de Ballore et baron de Rully, est l'ancêtre direct de toute la famille actuelle — qui descend donc des deux branches à la fois, comme le montre l'arbre.
Et un rebondissement en 1830 : la vieille branche de Rully s'éteint avec Patrice, pair de France, qui désigne pour légataire universel « des droits, des biens et du nom de Rully » l'aîné de ses cousins Ballore. Les « Montessus de Rully » d'après 1830 — dont Édith, qui transmit le château aux Ternay en 1927 — sont donc, par le sang, des Ballore substitués. Les deux branches d'aujourd'hui sont deux rameaux d'un même tronc, partagés en 1830 entre deux frères.
Élevé par Hugues de Rully au retour de croisade, le château passe aux Saint-Léger vers 1370, puis aux Montessus en 1617. En 1927, Édith de Montessus, aînée de cinq filles, épouse Jacques d'Aviau de Ternay : leur petit-fils Raoul de Ternay tient aujourd'hui le château et son domaine viticole — une transmission familiale ininterrompue sur 26 générations.
Bâti sur un camp gallo-romain, Brandon veilla sur le duché de Bourgogne jusqu'à la fin du XVe siècle ; Hugues Bernard l'acquiert en 1528. La famille a aussi possédé les terres de Servignat, Culêtre et Bellevêvre, qui figurent dans ses titres de comte et de baron.
La maison forte de Montessus, dont Hugues Bernard reprend le nom en 1487 par son mariage avec l'héritière Léonarde Sarrazin, est le berceau de la famille. Depuis 2019, une association, « Les Amis du site de Montessus », y veille à la conservation du monument.
Achetée en 1581 par Melchior de Montessus au comte de Charny, la terre de Ballore donne son nom à la branche cadette, celle des trois savants. Ferdinand en fut maire pendant 33 ans — et le château est resté dans la famille : le chef de la branche aînée l'habitait encore en 1992.
Depuis André et Claude, la Normandie est le cœur battant de la famille : la maison des « Mésanges » à Ver-sur-Mer (ci-dessus, un petit-enfant devant la façade un matin de neige), l'église Saint-Martin où reposent plusieurs des leurs, et le manoir Saint-Paul de Meuvaines, berceau des Hayaux du Tilly, où André et Claude se marièrent en 1946. « La Normandie a toujours été notre port d'attache », écrivaient les sept en 2023.
Tout commence en 1840, quand Théodore Labbey, médecin à Bayeux, achète « une chaumière à Asnelles » : il assainit le marais, propage la mode des bains de mer, devient maire et fait bâtir digue, villas et château — Asnelles devient une station balnéaire. En 1855, sa fille Blanche épouse Louis Le Monnier de Gouville, d'une lignée de magistrats de Saint-Lô et Coutances alliée aux armateurs-corsaires Couraye du Parc de Granville. En 1886, leur fille Jeanne épouse le futur général Hayaux du Tilly, héros de Verdun, et le couple s'enracine au village voisin de Meuvaines : c'est ainsi que le manoir Saint-Paul entre dans la famille. Ancien « logis neuf » du manoir de la Garenne, bâti au XVIIIe siècle, il est justement entièrement remanié et agrandi de ses ailes latérales dans les années 1890 — au moment même de leur installation. Le général y devient conseiller municipal et y meurt en 1930 ; Jeanne en 1946 ; leur fils François, le colonel, s'y éteindra à 99 ans en 1986, et les parents de son épouse, les Malliard, y finirent aussi leurs jours. Quatre générations sous le même toit normand.
Enfin, en 1946, Claude Hayaux du Tilly, petite-fille du général, épouse à Meuvaines André de Montessus : les Montessus, bourguignons depuis sept siècles, s'installent aux Mésanges, à Ver-sur-Mer — troisième village de ce chapelet côtier, au bord de Gold Beach, deux ans à peine après le Débarquement. Bourguignons d'origine, Normands depuis 1946, sur une côte que la famille maternelle façonnait depuis un siècle.
Le château de Brandon, possession familiale de 1521 à 1610, garde sa légende de trésor enfoui. En l'église de Montcenis, les premiers Bernard reposaient « devant l'autel de Saint-Laurent ». Et à la citadelle de Chalon-sur-Saône, les armes du gouverneur Melchior de Montessus surmontaient la porte principale, « au-dessus de celles du roi ».
Le répertoire des fiefs dressé par Robert de Montessus dans Montessus et ses seigneurs recense une soixantaine de terres ayant appartenu à la famille, du Moyen Âge au XIXe siècle. Les voici sur la carte : un empire foncier concentré autour du Charolais et de la côte chalonnaise, débordant sur la Bresse, l'Auxois, la Franche-Comté et jusqu'aux confins champenois. Cliquez sur chaque point pour découvrir l'histoire du lieu.
● châteaux majeurs et berceau de la famille · ● seigneuries et fiefs — fond de carte OpenStreetMap, localisation au chef-lieu de la commune actuelle.
Médecin et naturaliste embarqué en 1767 avec Bougainville pour le tour du monde : on lui doit la bougainvillée, l'hortensia et le dauphin de Commerson — plus de cent espèces portent son nom. Sa servante Jeanne Barret, déguisée en valet, fut la première femme à boucler le tour du globe. Élu à l'Académie des sciences une semaine après sa mort à l'île Maurice, la nouvelle n'étant pas parvenue à Paris.
Député en 1789, il devient lieutenant général et pair de France. Figure de la branche aînée à la charnière de la Révolution et de la Restauration.
Docteur en médecine (Paris, 1845), il exerce un demi-siècle à l'hôpital et à la prison de Chalon-sur-Saône. Chevalier de la Légion d'honneur, fondateur et président de la Société des sciences naturelles de Saône-et-Loire, philanthrope engagé auprès des sociétés de secours mutuels ouvrières.
Polytechnicien (promotion 1871), officier d'artillerie, chef de la mission militaire française au Salvador (1881-1885) où naît son intérêt pour les tremblements de terre. Premier à décrire la répartition mondiale des épicentres (Géographie séismologique, 1907). Appelé par le Chili après le séisme de Valparaíso, il fonde en 1907 le service sismologique chilien et implante des stations jusqu'à l'île de Pâques. Une catégorie spéciale lui est consacrée.
Docteur de la Sorbonne (1905, sous la direction de Paul Appell, jury Henri Poincaré), lauréat du Grand Prix des sciences mathématiques en 1906, expert à la Société des Nations. Son théorème sur la convergence des approximants de Padé — le « théorème de Montessus de Ballore » — reste un résultat classique de l'analyse. C'est de lui que descend directement toute la famille du classement : son fils André est le patriarche de la lignée actuelle.
Fils du mathématicien Robert. Collège Stanislas, ingénieur Supélec (1936), il débute aux Chemins de fer de l'État comme simple ouvrier à Montrouge, « à réparer wagons et locomotives », avant de conduire trains et métros. Cinq ans de captivité à l'Oflag XVII-A, puis il participe à la création de la SOFRERAIL (1957) — née parce que la SNCF, société nationale, ne pouvait contracter avec les chemins de fer indiens qui demandaient son aide — et en devient directeur général : plus de 70 pays à sa mort en 1977, de l'Iran à l'Indonésie. Antoine Pinay lui remet la Légion d'honneur en 1975, à son domicile. « L'image d'un grand patron », dira l'hommage de la société — devenue aujourd'hui Systra. Établi aux « Mésanges » à Ver-sur-Mer, il est avec Claude la souche des 155 membres du classement familial.
Née à Metz dans une famille de militaires normands — son père colonel de cavalerie, son grand-père général —, Claude grandit dans une foi catholique qui ne la quittera jamais et dans le souvenir des étés à La Chaudeau, chez les Buyer, dont l'attention envers ceux qui travaillaient pour eux la marqua pour la vie. Elle rencontre André par un camarade de captivité et l'épouse en 1946 à Meuvaines.
En seize ans, elle met au monde sept enfants et tient seule la grande maisonnée pendant qu'André parcourt le monde pour le rail. Veuve à 53 ans, elle porte la famille quarante-quatre ans encore : gardienne des souvenirs et des maisons, elle rassemble les siens en Normandie et organise elle-même sa succession pour que chacun garde sa part des Mésanges — songeant à l'unité de la famille jusque dans sa façon de la quitter. Femme de caractère et de cœur, d'une générosité attentive à chacun, elle s'éteint à 96 ans en laissant 7 enfants, 28 petits-enfants et 71 arrière-petits-enfants. Elle reste dans le souvenir de tous les siens. Lire sa vie en détail →
Deuxième enfant d'André et Claude, coopérant au Niger puis ingénieur chez Framatome, il participe à la construction de la centrale nucléaire de Koeberg, près du Cap. Il meurt à 34 ans dans un accident de voiture près de Windhoek (Namibie), lors d'une exploration minière, et repose à Ver-sur-Mer. Il est le père de Sébastien, Gabriel et Stéphanie de Montessus.
De tous les Montessus, c'est lui que le monde connaît. Né le 19 juin 1851 à Dompierre-sous-Sanvignes, en Saône-et-Loire, il va à l'école du village « marchant dans la neige en hiver et dans la crainte des loups ». Il entre à l'École polytechnique en 1871 — dans la promotion du futur maréchal Foch —, devient officier d'artillerie et cavalier du Cadre Noir de Saumur. Officier de la Légion d'honneur en 1893.
La croûte terrestre n'est pas d'un seul bloc. Elle est fracturée en immenses morceaux qui bougent très lentement — de quelques centimètres par an, la vitesse à laquelle poussent vos ongles. Une faille, c'est la cassure entre deux de ces blocs de roche. Comme ils frottent l'un contre l'autre, ils restent souvent coincés pendant des décennies : la tension s'accumule, exactement comme lorsqu'on plie une règle de plus en plus fort… jusqu'à ce qu'elle casse d'un coup. Ce claquement brutal en profondeur, c'est le tremblement de terre : toute l'énergie accumulée se libère en quelques secondes et se propage en ondes, comme les ronds dans l'eau.
Au XIXe siècle, les savants les plus sérieux cherchaient la cause des séismes dans les phases de la lune, dans de mystérieux volcans souterrains, ou même dans la météo — on parlait d'un « temps à tremblement de terre ». Personne n'avait les moyens de vérifier : il aurait fallu comparer des milliers de séismes entre eux.
C'est exactement ce que fit Fernand : 170 000 séismes dépouillés fiche par fiche, dans toutes les langues, pendant vingt ans. Reportés sur des cartes, ils dessinent une évidence : les tremblements de terre ne frappent pas au hasard. Ils se concentrent le long de deux grandes cicatrices du globe — le pourtour de l'océan Pacifique (l'actuelle « ceinture de feu ») et l'axe qui court des Alpes à l'Himalaya.
Là où le relief est jeune et abrupt — ses fameuses « côtes à pentes raides », comme celle qui va du cap Horn à l'Alaska —, la terre tremble ; là où le relief est vieux et usé, elle dort. Autrement dit : c'est la structure de l'écorce terrestre qui fait les séismes, pas le ciel. Une révolution silencieuse, démontrée sans un seul instrument, à la seule force du recensement.
Dans les années 1960, la tectonique des plaques explique enfin pourquoi : les zones sismiques de Fernand sont les frontières des plaques, là où elles se rencontrent et se chevauchent. Le Chili, où il finit sa vie, en est l'exemple parfait : la plaque de Nazca y plonge sous l'Amérique du Sud, produisant les plus grands séismes du monde — dont celui de Valdivia en 1960, magnitude 9,5, le plus puissant jamais mesuré. Ses cartes de 1906 dessinaient déjà, sans le savoir, la carte des plaques terrestres.
Chef de la mission militaire française au Salvador, il y assiste à son premier tremblement de terre — et le phénomène « se convertit en la passion de sa vie ». Il en profite pour écrire une Histoire des peuples précolombiens d'Amérique centrale, et découvre au fond de la jungle un village entier décimé : le curé, ayant entendu parler du vaccin, avait inoculé aux habitants les pustules mêmes des malades de la variole — une histoire que reprendra Ken Follett dans un roman.
Rentré en France — commandant d'artillerie au château de Nantes, dont il publie l'histoire en 1898, avant qu'un grave accident de cheval en 1901 ne le rende à ses fiches —, il bâtit seul le plus grand catalogue sismique jamais constitué : 170 000 tremblements de terre dépouillés dans toutes les langues. Il en tire une démonstration révolutionnaire : les séismes suivent la géologie — les grandes lignes de relief « à pentes raides » — et non les phases de la lune ou de mystérieux volcans souterrains, comme on le croyait encore. Sa Géographie séismologique (1906) dresse la première carte mondiale des épicentres. Il laissera plus de trente ouvrages et des centaines d'articles.
Le 16 août 1906, le séisme de Valparaíso fait 20 000 victimes. Le président chilien Pedro Montt cherche en Europe le meilleur savant : ce sera lui. Nommé par décret en septembre 1907, il fonde l'observatoire sismologique du cerro Santa Lucía à Santiago, inaugure le Service sismologique du Chili le 9 juin 1908 et déploie un réseau de stations de Tacna à Punta Arenas — et jusqu'à l'île de Pâques. Il dirige le service seize ans, jusqu'à sa mort à Santiago le 23 janvier 1923. Il repose au Cimetière général de Santiago, avec sa femme et deux de ses enfants.
Sa fille Isabelle, mariée à Santiago en 1909, est à l'origine de la branche chilienne de la famille : ses descendants ont pris le nom de Bacarreza de Montessus de Ballore « en souvenir de leur grand-père, l'illustre sismologue ». En 2023, le Centro Sismológico Nacional — l'héritier direct de son service — a commémoré le centenaire de sa mort, avec une allocution de son arrière-petit-fils Ricardo Bacarreza ; la bibliothèque du département de géophysique de l'Universidad de Chile porte son nom, tout comme le laboratoire international CNRS – Université du Chili créé en 2006. Sa biographie de référence est parue chez Hermann en 2015 (Jean-Paul Poirier, Fernand de Montessus de Ballore, pionnier français de la science des tremblements de terre), et la revue Nature lui consacra une nécrologie en 1923. Ses archives scientifiques sont conservées à la Société de géographie.
En une phrase : Robert de Montessus a trouvé une façon de calculer une fonction bien au-delà de la zone où les méthodes habituelles s'arrêtent — et de repérer au passage les endroits où cette fonction « explose ».
Pour calculer une fonction près d'un point, on l'écrit souvent comme une série : une addition sans fin de termes de plus en plus petits (1 + x + x² + x³ + …). Cela marche très bien… mais seulement à l'intérieur d'un certain rayon. Dès qu'on s'éloigne trop, la somme s'emballe et ne veut plus rien dire. Ce « mur » correspond souvent à un point où la fonction elle-même monte à l'infini : un pôle.
Son astuce : ne plus additionner des termes, mais approcher la fonction par une fraction — un polynôme divisé par un autre (ce qu'on appelle un approximant de Padé). L'avantage est décisif : une fraction devient elle-même infinie quand son dénominateur s'annule. Elle sait donc imiter les pôles, ces points où la fonction file à l'infini — précisément là où une simple somme abandonne. La fraction ne bute pas sur le mur : elle le franchit, et va jusqu'au mur suivant.
Le résultat de 1902 apporte une garantie rigoureuse : si une fonction possède un nombre connu de pôles (disons p) dans une région, alors la bonne suite de ces fractions se rapproche de la vraie fonction partout, jusqu'au pôle suivant — et leurs dénominateurs pointent précisément vers l'emplacement des pôles. Le théorème dit donc non seulement « ça marche plus loin », mais aussi « voici jusqu'où, et voici où sont les murs ».
Avant lui, on savait fabriquer ces fractions, mais personne n'avait prouvé qu'elles convergeaient réellement vers la fonction. Montessus fut le premier — son théorème est resté l'une des pierres de fondation de la théorie de l'approximation rationnelle (les approximants de Padé). Or ces fractions sont partout utiles :
Publié dans le Bulletin de la Société mathématique de France, ce travail valut à Robert de Montessus le Grand Prix de l'Académie des sciences en 1906 (thèse soutenue en 1905 devant un jury où siégeait Henri Poincaré). Plus d'un siècle après, il est toujours enseigné, généralisé et cité.
« Un théorème pour la postérité » — Images des mathématiques, CNRS
L'ascendance compte trois chevaliers de la Toison d'Or — Antoine de Croÿ (1430), Thibault de Neufchâtel (1433, brevet n° 37, devise « Trop me tarde ») et Claude de Vergy (1546) — et un chevalier de la Jarretière : Guichard d'Angle, compagnon du Prince Noir et tuteur du futur Richard II d'Angleterre. Antoine de Buade est commandeur du Saint-Esprit en 1619. Chez les Montessus mêmes : Hugues (1456-1546) et Philibert (1540-1591), chevaliers de l'Ordre du Roi ; puis Maximilien de Montessus et « le brave d'Aligny », chevaliers de Saint-Louis.
Commandeurs : le général Louis-René Hayaux du Tilly (Verdun, Chemin des Dames) et Charles Géry, conseiller d'État (1869). Officier : le colonel François Hayaux du Tilly. Chevaliers : Fernand de Montessus, le sismologue (1893) ; Ferdinand, le médecin-ornithologue ; André de Montessus (1912-1977) ; Lazare Lafouge, garde du corps de Louis XVIII ; Gilbert Bandy de Nalèche (1813) ; le docteur Hecht de Strasbourg.
Deux remises hors du commun : Fortuné Hayaux, décoré par Napoléon en personne après la Moskova et la Bérézina (1815), et Alain Hayaux du Tilly, Légion d'honneur posthume à vingt ans, tombé aux Dardanelles en 1915.
Allié de la famille, le général Dagobert reçut les deux honneurs suprêmes de la République : son nom inscrit au Panthéon par décret de la Convention, et gravé sous l'Arc de Triomphe (pilier ouest, colonne 33) — lui qui mourut aux armées si pauvre que ses officiers se cotisèrent pour ses funérailles.
Robert de Montessus, le mathématicien, reçoit l'ordre de Léopold de Belgique en 1933 ; le général Hayaux du Tilly en était commandeur, comme de l'ordre de la Couronne de Roumanie. S'y ajoutent les Croix de guerre 14-18 française et belge avec palmes, et la Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieurs, portées par les Hayaux du Tilly.
Avec Claude, il est la source de toute la famille d'aujourd'hui. André Bernard de Montessus de Ballore eut une vie que le siècle traversa de part en part : une enfance lilloise, un métier d'ingénieur au ras des machines, cinq années de captivité dans un camp d'officiers au fond de l'Autriche, puis une carrière qui le mena sur les rails du monde entier. Son livre de vie, patiemment réuni par les siens, permet de raconter ici, en détail, ce que fut son parcours.
André naît et est baptisé le 31 août 1912 à Lille, au 121 boulevard de la Liberté. Il est le fils du mathématicien Robert de Montessus de Ballore (1870-1937) — celui du théorème — et de Suzanne Montaudon, et le cadet de son frère Jacques, né à Lille en 1909. Il fait ses humanités au Collège Stanislas et décroche son baccalauréat en 1933, mention latin-sciences puis philosophie.
Après trois années de service militaire — « très mauvaises pour sa santé », note le livre de famille —, André devient ingénieur Supélec. Mais il ne débute pas dans un bureau : il est admis comme attaché au dépôt de Montrouge, aux Chemins de fer de l'État, et, le 13 mai 1937, une autorisation officielle lui permet de conduire lui-même les locomotives à vapeur, « en remplacement des mécaniciens ». L'ingénieur apprend son métier les mains dans le cambouis, et dans des conditions modestes.
Mobilisé, André est fait prisonnier dès les premières semaines de l'invasion : le livre de famille en conserve la date et le lieu exacts — Thorey, le 23 juin 1940. Enregistré sous le matricule 15104, il est acheminé, comme des milliers d'officiers, par étapes : de Thorey à Nancy — où les prisonniers transitent par l'École Nationale Professionnelle — puis, en wagons, vers l'Autriche. Méticuleux jusque dans la captivité, André corrigera plus tard, de sa main et dans la marge d'un livre-témoignage de l'Oflag, le nombre de prisonniers arrivés ce jour-là de Nancy.
André passe près de cinq ans à l'Oflag XVII-A d'Edelbach, en Basse-Autriche — un camp qui accueillit environ 6 000 officiers français entre 1940 et sa libération par les troupes soviétiques, en avril 1945. Perdu dans les forêts et les hivers rigoureux de l'Europe centrale, ce camp est resté célèbre pour une prouesse : « Sous le manteau », un film tourné clandestinement par les prisonniers avec une caméra dissimulée, qui documenta la vie du camp et le creusement des tunnels d'évasion.
André n'y resta pas inactif. Il participait au théâtre, au bridge et donnait des cours de mathématiques à « l'université du camp » ; avec ses camarades, il creusa un tunnel d'évasion. Surtout, la captivité ne le coupa jamais tout à fait du monde : grâce aux postes à galène — des radios de fortune —, les prisonniers captaient les nouvelles, et André rédigeait des informations politiques sur de petits papiers qu'il faisait circuler. Loin, à Paris, sa mère tenait un journal où perçait l'angoisse des familles :
C'est la guerre elle-même qui lui donna Claude. Prisonnier aux côtés du frère d'André, Louis de Buyer parla à la famille de « sa nièce à Paris », Claude Hayaux du Tilly. La rencontre eut lieu, à la Libération, chez Jacques et Kikou — le frère et la belle-sœur d'André —, celui-ci accompagné de son ami fidèle Christian de Montebello. Les fiançailles sont annoncées le 27 mai 1946 ; ils se marient à Meuvaines, en Normandie, dans l'été qui suit.
De cette union naîtront sept enfants — Catherine, Robert, Anne, Jean, Pierre, Marc et Marie-Virginie —, la souche de la grande famille d'aujourd'hui. Le récit de Claude, la matriarche, prend le relais du sien.
La paix revenue, André met son métier au service du rail français à l'étranger. Il compte parmi les hommes de la SOFRERAIL (Société française d'études et de réalisation ferroviaires, créée en 1957 par la SNCF et de grandes banques) : conseil aux chemins de fer africains, organisation des ateliers, achat de locomotives, missions à travers l'Europe centrale et orientale — Varsovie, Cracovie, Bucarest, Budapest, Vienne — et jusqu'en Suisse. Pendant qu'il parcourt le monde et que le téléphone sonne la nuit au rythme des fuseaux horaires, c'est Claude qui tient la maison et la nombreuse famille. André s'éteint en 1977 ; Claude lui survivra plus de quarante ans, gardienne de leur descendance.
Si toute la famille d'aujourd'hui existe, c'est d'elle. Claude Anne Marie Renée Françoise Hayaux du Tilly réunissait dans son berceau deux vieilles familles : les Hayaux du Tilly, lignée d'officiers normands, et les Malliard, maîtres de forges et industriels de Franche-Comté. De cette double origine — la rigueur du sabre et la chaleur d'une grande maison de famille — elle tint tout ce qu'elle fut.
Elle naît le 10 septembre 1924 à Metz, troisième des quatre enfants du colonel de cavalerie François Hayaux du Tilly (1887-1986) — officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 14-18, plus tard maire de Meuvaines — et de Renée de Malliard. C'est une enfance qui suit les garnisons du père : son frère aîné Alain, le futur pilote, naît en Rhénanie occupée ; Odile en Franche-Comté ; Claude et le petit Maurice à Metz. On déménage, on s'installe, on repart — le rythme des familles d'officiers d'entre-deux-guerres. Baptisée à Metz, elle a pour parrain Claudius Simon, un camarade officier de son père, et pour marraine sa tante Anne.
De son propre aveu, elle n'était pas l'enfant docile de la fratrie. Là où sa sœur Odile disait oui à tout, Claude, elle, tenait déjà tête :
Le cœur de sa jeunesse bat en Franche-Comté, à La Chaudeau, la maison de maîtres de forges des de Buyer — la famille de sa tante Suzanne. C'est là, accueillie « avec tant d'affection », qu'elle passe ses plus beaux étés d'enfant, près de son grand-oncle Charles de Buyer, « un homme merveilleux ». Sa tante Suzanne de Malliard, elle, était un personnage : engagée dans la Première Armée, affectée au 2e régiment de Dragons, elle fut la première femme Dragon de France, diplômée de l'École du Louvre et membre de l'Académie de Franche-Comté.
La Chaudeau forgea aussi sa conscience. L'attention des Buyer envers leurs ouvriers la marqua pour la vie — au point qu'en 1968, dans un groupe d'action catholique où l'on critiquait les chefs d'entreprise, elle prit vivement leur défense :
De cette enfance elle gardait des images précises et tendres — « les panneaux de jonquilles aux couleurs du pape » qu'elle accrochait aux grillages avec les enfants de La Chaudeau —, une foi catholique qui ne la quitterait jamais, et cette maison où, jeune mariée, elle reviendrait passer son voyage de noces.
C'est par sa grand-mère paternelle, Jeanne Le Monnier de Gouville, que Claude tient la Normandie — cette lignée de Saint-Lô qui fit de Meuvaines et de Ver-sur-Mer le port d'attache de tous les siens. Claude lisait, émue, les lettres que son aïeule écrivait à son mari le général :
Jeanne s'éteignit un mois avant les noces de sa petite-fille — Claude fut la première petite-fille à se marier à Meuvaines, comme pour sceller cet héritage normand au moment même où il lui était transmis.
C'est la captivité qui la mène à André de Montessus : son oncle Louis de Buyer, prisonnier avec le frère d'André, parle à ce dernier de « sa nièce à Paris ». Les fiançailles sont annoncées le 27 mai 1946 ; ils se marient à Meuvaines en juillet, dans une France qui sort à peine de la guerre — jusqu'à la robe, qu'il fallut inventer avec les moyens du temps.
Du voyage de noces à La Chaudeau — retour au décor de son enfance — elle gardait, plus d'un demi-siècle après, un souvenir intact :
En seize ans, Claude met au monde sept enfants — Catherine, Robert, Anne, Jean, Pierre, Marc et Marie-Virginie. Le jeune ménage s'installe au 46 rue Jacob, à Paris, dans l'appartement qu'il faut d'abord repeindre de fond en comble. Tandis qu'André parcourt le monde pour la SOFRERAIL et que le téléphone sonne la nuit au rythme des décalages horaires, c'est elle qui tient la maison, mène la marmaille et fait vivre l'été la grande maisonnée des « Mésanges » à Ver-sur-Mer — les cousins, les mariages de quatre cents convives, les étés au bord de la Manche. Femme de caractère et d'élégance, on la revoit, au mariage d'Anne en 1972, dans son manteau de léopard.
Veuve d'André en 1977, Claude porta la famille pendant plus de quarante ans encore, gardienne des souvenirs et des maisons. Elle recentra les siens sur la Normandie et organisa elle-même sa succession, pour que chacun ait sa part des Mésanges. Elle s'éteignit à Paris le 11 janvier 2021, à 96 ans, ayant vu sa descendance grandir jusqu'à la quatrième génération :
Mère et grand-mère formidable, elle reste dans le cœur de tous les siens. À ses sept enfants s'ajoutent sept gendres et belles-filles, vingt-huit petits-enfants et quatre-vingt-cinq arrière-petits-enfants : une descendance de cent vingt personnes, à laquelle il faut joindre toutes les alliances. C'est d'elle et d'André que part le classement de la famille : chacun des cent cinquante-cinq est, d'une manière ou d'une autre, un peu son enfant.
De la fin de la guerre aux années récentes, ces clichés — le mariage des patriarches, les étés au bord de la mer, les grandes réunions aux Mésanges — racontent, mieux que les dates, la vie de la maisonnée. Ils sont ici rangés dans l'ordre du temps.











Toutes ces photographies proviennent du livre de vie familial ; les identifications précises et les légendes détaillées y figurent.
La généalogie familiale est aujourd'hui documentée avec une ampleur remarquable. Sur Geneanet, l'arbre de référence, tenu par Jean Bernard de Montessus de Ballore, relie la famille à ses alliances — les Hayaux du Tilly, Montaudon, Formigny de la Londe, Amyot du Mesnil-Gaillard, Coste ou de Malliard — et reste mis à jour à ce jour. Il a donné naissance en 2026 au livre de famille Patronomia : deux volumes, près de 1 470 pages et 34 générations — jusqu'à Charlemagne —, dont ce site tire sa chronique et sa lignée royale.
La répartition géographique des actes dessine fidèlement l'histoire de la famille : Ballore et Chalon-sur-Saône en tête, puis Autun, Toulon-sur-Arroux et Dijon pour la Bourgogne d'origine, et Paris, Versailles, Amiens, Poitiers, Caen ou Rouen au fil de l'essaimage des branches.
En 1969, Catherine de Montessus, l'aînée des sept, épouse Dominique du Rivau (1944-2018) : la première alliance de la génération d'aujourd'hui, et une famille désormais elle aussi enracinée à Ver-sur-Mer. Le nom est celui d'un fief de Touraine passé à la postérité par le château du Rivau — où, en 1429, Jeanne d'Arc vint chercher des chevaux de guerre avant de marcher sur Orléans.
Véronique Augier de Crémiers épouse en 1973 Robert de Montessus (1948-1982) ; ils sont les parents de Sébastien et Gabriel. Sa famille, de vieille bourgeoisie de Montmorillon présente en Poitou dès le XIIe siècle, donna magistrats, prêtres et officiers de génération en génération, avant d'être anoblie par charge de secrétaire du roi (1747, lettres d'honneur en 1772) et de siéger à l'assemblée de la noblesse de Poitiers en 1789.
Famille alliée et cousine — c'est l'architecte Yves de Joybert qui dessina la maison de Pierre de Montessus à Ver-sur-Mer. Son nom porte l'une des plus belles pages de l'aventure française d'Amérique : Pierre de Joybert de Soulanges et de Marson, officier du régiment de Carignan-Salières, fut administrateur de l'Acadie en 1677 ; et sa fille Louise-Élisabeth de Joybert, marquise de Vaudreuil, fut la mère du dernier gouverneur de la Nouvelle-France.
Au-delà de ces trois maisons, l'arbre familial relie les Montessus à des centaines de lignées : les Hayaux du Tilly (par Claude, la matriarche), les Coste, de Malliard, Montaudon, Amyot du Mesnil-Gaillard, Le Monnier de Gouville, Faure, Kenesi, Dadvisard, de Larocque-Latour… et, plus haut, les Choiseul, Courtenay, Vergy et Damas. Tout ce cousinage figure dans l'arbre et le classement.
Chaque membre est classé selon sa date d'entrée dans la famille : la naissance pour les descendants, l'arrivée par alliance pour les conjoints. Les sept branches sont celles des sept enfants d'André de Montessus (entré en 1912) et de Claude Hayaux du Tilly : Catherine, Robert, Anne, Jean, Pierre, Marc et Marie-Virginie. La croix † signale les membres décédés.
| N° | Nom | Branche | Entrée | Mode |
|---|---|---|---|---|
| 1 | André de Montessus † | Souche | 1912 | patriarche |
| 2 | Claude de Montessus † | Souche | 1924 | matriarche · née Hayux du Tilly |
| 3 | Catherine du Rivau † | Catherine | 1947 | naissance · née de Montessus |
| 4 | Robert de Montessus † | Robert | 1948 | naissance |
| 5 | Anne Faure | Anne | 1949 | naissance · née de Montessus |
| 6 | Jean de Montessus | Jean | 1950 | naissance |
| 7 | Pierre de Montessus | Pierre | 1952 | naissance |
| 8 | Marc de Montessus † | Marc | 1955 | naissance |
| 9 | Marie-Virginie Kenesi | Marie-Virginie | 1963 | naissance · née de Montessus |
| 10 | Dominique du Rivau † | Catherine | 1969 | alliance |
| 11 | Laure de Gennes | Catherine | 1971 | naissance · née du Rivau |
| 12 | Philippe Faure | Anne | 1972 | alliance |
| 13 | Sophie Boutteau | Catherine | 1973 | naissance · née du Rivau |
| 14 | Veronique de Crémiers | Robert | 1973 | alliance · née de Crémiers |
| 15 | Thibaut Faure | Anne | 1973 | naissance |
| 16 | Sebastien de Montessus | Robert | 1974 | naissance |
| 17 | Blandine Bouffart | Anne | 1975 | naissance · née Faure |
| 18 | Segolene de Coignac | Catherine | 1976 | naissance · née du Rivau |
| 19 | Stephanie de Roux | Robert | 1976 | naissance · née de Montessus |
| 20 | Guilaine de Montessus | Jean | 1976 | alliance |
| 21 | Matthieu de Montessus | Jean | 1978 | naissance |
| 22 | Nicolas du Rivau | Catherine | 1979 | naissance |
| 23 | Damien Faure | Anne | 1979 | naissance |
| 24 | Gabriel de Montessus | Robert | 1979 | naissance |
| 25 | Mathilde Coste | Jean | 1980 | naissance · née de Montessus |
| 26 | Cathou de Montessus † | Marc | 1981 | alliance · née de laroque latour |
| 27 | Guillaume de Montessus | Marc | 1982 | naissance |
| 28 | Babeth de Montessus | Pierre | 1982 | alliance · née Dadvisard |
| 29 | Caroline Forissier | Pierre | 1983 | naissance · née de montessus |
| 30 | Benoit de Montessus | Marc | 1984 | naissance |
| 31 | Michel de Crémiers | Robert | 1984 | alliance |
| 32 | Charles de Montessus | Pierre | 1984 | naissance |
| 33 | Maxime de Montessus | Jean | 1985 | naissance |
| 34 | Astrid Moine | Marc | 1986 | naissance · née de Montessus |
| 35 | Flore de Noiville | Robert | 1987 | naissance · née de Crémiers |
| 36 | Laurent Kenesi | Marie-Virginie | 1987 | alliance |
| 37 | Amelie Noury | Anne | 1987 | naissance · née Faure |
| 38 | Axelle d'Harcourt | Robert | 1988 | naissance · née de Crémiers |
| 39 | Come Kenesi | Marie-Virginie | 1988 | naissance |
| 40 | Eudes de Montessus | Marc | 1989 | naissance |
| 41 | Augustin Kenesi | Marie-Virginie | 1990 | naissance |
| 42 | Nicolas de Montessus | Pierre | 1990 | naissance |
| 43 | Sixtine Besancenot | Robert | 1991 | naissance · née de Crémiers |
| 44 | Thomas de Montessus | Pierre | 1991 | naissance |
| 45 | Agathe Kenesi | Marie-Virginie | 1994 | naissance |
| 46 | Aymeric Bouffart | Anne | 1997 | alliance |
| 47 | Hugues Bouffart | Anne | 1999 | naissance |
| 48 | Anne Sybille Faure | Anne | 1999 | alliance |
| 49 | Margueritte de Montessus | — | 1999 | alliance · née de Ritter |
| 50 | Thibaut de Roux | Robert | 2000 | alliance |
| 51 | Vincent Boutteau | Catherine | 2000 | alliance |
| 52 | Marie Bouffart | Anne | 2000 | naissance |
| 53 | Benjamin de Gennes | Catherine | 2001 | alliance |
| 54 | Lucie de Gennes | Catherine | 2001 | naissance |
| 55 | Auriane Faure | Anne | 2001 | naissance |
| 56 | Louis Boutteau | Catherine | 2001 | naissance |
| 57 | Gabriel Boutteau | Catherine | 2001 | naissance |
| 58 | Melchior de Montessus | Robert | 2002 | naissance |
| 59 | Marcus de Gennes | Catherine | 2003 | naissance |
| 60 | Clémence Bouffart | Anne | 2003 | naissance |
| 61 | Maëlys de Roux | Robert | 2003 | naissance |
| 62 | Albéric Faure | Anne | 2003 | naissance |
| 63 | Josephine Boutteau | Catherine | 2003 | naissance |
| 64 | Flavie Bouffart | Anne | 2004 | naissance |
| 65 | Alexis de Montessus | Robert | 2004 | naissance |
| 66 | Solenne de Montessus | Jean | 2005 | alliance · née de Gassart |
| 67 | Marie-Astrid de Montessus | Marc | 2005 | alliance · née André |
| 68 | Paul Boutteau | Catherine | 2005 | naissance |
| 69 | Alexandre Coste | Jean | 2005 | alliance |
| 70 | Edouard de Roux | Robert | 2006 | naissance |
| 71 | Garance Faure | Anne | 2006 | naissance |
| 72 | Arthur de Montessus | Marc | 2006 | naissance |
| 73 | Léonie de Montessus | Jean | 2007 | naissance |
| 74 | Diane du Rivau | Catherine | 2007 | alliance · née Bruno |
| 75 | Mayeul de Montessus | Marc | 2008 | naissance |
| 76 | Elie de Coignac | Catherine | 2008 | alliance |
| 77 | Augustin Coste | Jean | 2008 | naissance |
| 78 | Constance de Montessus | Robert | 2008 | alliance |
| 79 | Ophélie de Gennes | Catherine | 2008 | naissance |
| 80 | Gaspard de Coignac | Catherine | 2008 | naissance |
| 81 | Apolline de Montessus | Robert | 2009 | naissance |
| 82 | Montaine Faure | Anne | 2009 | naissance |
| 83 | Ombeline Faure | Anne | 2009 | naissance |
| 84 | Eve du Rivau | Catherine | 2009 | naissance |
| 85 | Axel de Montessus | Jean | 2009 | naissance |
| 86 | Pierre Forisier | Pierre | 2009 | alliance |
| 87 | Clara de Coignc | Catherine | 2009 | naissance |
| 88 | Victoire Coste | Jean | 2010 | naissance |
| 89 | Pia de Montessus | Robert | 2010 | naissance |
| 90 | Grégoire de Montessus | Marc | 2010 | naissance |
| 91 | Antoine Forissier | Pierre | 2010 | naissance |
| 92 | Bertrand Moine | Marc | 2011 | alliance |
| 93 | Simon du Rivau | Catherine | 2011 | naissance |
| 94 | Anouchka de Montessus | Robert | 2011 | naissance |
| 95 | Elie Boutteau | Catherine | 2012 | naissance |
| 96 | Ambroise de Roux | Robert | 2012 | naissance |
| 97 | Arnaud Noury | Anne | 2012 | alliance |
| 98 | Ghislain de Noinville | Robert | 2012 | alliance |
| 99 | Joseph de Montessus | Jean | 2012 | naissance |
| 100 | Amaury de Montessus | Marc | 2012 | naissance |
| 101 | Fleur de Montessus | Robert | 2013 | naissance |
| 102 | Louis Forissier | Pierre | 2013 | naissance |
| 103 | Marion Kenesi | Marie-Virginie | 2013 | alliance |
| 104 | Alix Bouffart | Anne | 2013 | naissance |
| 105 | Celeste de Montessus | Robert | 2013 | naissance |
| 106 | Amicie Coste | Jean | 2014 | naissance |
| 107 | Diane de Montessus | Pierre | 2014 | alliance · née Couetoux Dutertre |
| 108 | Josephine Moine | Marc | 2014 | naissance |
| 109 | Tristan Noury | Anne | 2014 | naissance |
| 110 | Edouard Forssier | Pierre | 2014 | naissance |
| 111 | Adèle du Rivau | Catherine | 2015 | naissance |
| 112 | Mathilde de Montessus | Marc | 2015 | alliance |
| 113 | Marie Pierre de Montessus | Jean | 2015 | alliance |
| 114 | Arthur de Noinville | Robert | 2015 | naissance |
| 115 | Perrine de Montessus | Pierre | 2016 | naissance |
| 116 | Stanislas Moine | — | 2016 | naissance |
| 117 | Camille Kenesi | Marie-Virginie | 2016 | naissance |
| 118 | Philippine Noury | Anne | 2016 | naissance |
| 119 | Paul de Montessus | Jean | 2017 | naissance |
| 120 | Astrid de Montessus | Jean | 2017 | naissance |
| 121 | Blanche de Montessus | Pierre | 2017 | naissance |
| 122 | Charline de Montessus | Marc | 2017 | alliance · née Colée |
| 123 | Philippa Coste | Jean | 2017 | naissance |
| 124 | Marine de Montessus | Pierre | 2018 | alliance · née Audiger |
| 125 | Hortense Moine | Marc | 2018 | naissance |
| 126 | Alma de Montessus | Marc | 2018 | naissance |
| 127 | Victoire de Noinville | Robert | 2018 | naissance |
| 128 | Ysée de Montessus | Robert | 2019 | naissance |
| 129 | Jeanne de Montessus | Marc | 2019 | naissance |
| 130 | Raphael de Montessus | Jean | 2019 | naissance |
| 131 | Charlotte Kenesi | Marie-Virginie | 2019 | naissance |
| 132 | Margaux Kenesi | Marie-Virginie | 2019 | naissance |
| 133 | Anaelle Aureau | Marie-Virginie | 2019 | alliance |
| 134 | Hypolitte de Montessus | Marc | 2019 | naissance |
| 135 | Clémentine Forissier | Pierre | 2019 | naissance |
| 136 | Grégoire Noury | Anne | 2020 | naissance |
| 137 | Vasco de Montessus | Pierre | 2020 | naissance |
| 138 | Romane de Montessus | Pierre | 2020 | naissance |
| 139 | Castille de Montessus | Jean | 2021 | naissance |
| 140 | André de Montessus | Marc | 2021 | naissance |
| 141 | Louise de Montessus | Marc | 2021 | naissance |
| 142 | Come d'Harcourt | Robert | 2021 | alliance |
| 143 | Alexandre Kenesi | Marie-Virginie | 2021 | naissance |
| 144 | Lionel Besancenot | Robert | 2022 | alliance |
| 145 | Pio Coste | Jean | 2022 | naissance |
| 146 | François d'Harcourt | Robert | 2022 | naissance |
| 147 | Appoline Moine | Marc | 2022 | naissance |
| 148 | Ferdinand de Montessus | Pierre | 2022 | naissance |
| 149 | Gabrielle Besancenot | Robert | 2023 | naissance |
| 150 | Raphaelle de Noinville | Robert | 2023 | naissance |
| 151 | Martin Noury | Anne | 2023 | naissance |
| 152 | Maxence de Montessus | Pierre | 2024 | naissance |
| 153 | Philippa d'Harcourt | Robert | 2024 | naissance |
| 154 | Mathilde Coste | — | 2025 | naissance |
| 155 | Sixtine de Cremiers | — | 2025 | naissance |
Pour venger la capture de ses petits, un faucon enleva dans ses serres le bébé du baron de Cénaret depuis la terrasse du donjon, l'emporta à travers la vallée jusqu'à son aire… puis, « jugeant la leçon suffisante », le rapporta indemne dans son berceau. L'enfant, qui n'avait pas encore de prénom, fut baptisée Miracle — et une Miracle de Cénaret épousa Pons de Cardaillac en 1419.
Cet écuyer venu de Biscaye, naturalisé par Louis XII, introduisit en Normandie les greffes de pommiers espagnols et offrit son cidre d'Épinay à François Ier. Sa famille, les de Ursúa, compte un cousin parti chercher l'El Dorado — le conquistador Pedro de Ursúa, assassiné par le fameux Lope de Aguirre.
L'acte de baptême du grand tragédien Crébillon — Melchior Jolyot de son vrai nom — nomme pour parrain un « Melchior Montessus, écuyer », que le livre rapproche de Melchior Bernard de Montessus, seigneur de Ballore. Le prénom du poète serait donc un héritage familial.
Le 11 janvier 1703, Rome accorde à Maximilien, en raison de ses infirmités, la permission de manger de la viande pendant le carême. Les archives conservent aussi son laissez-passer espagnol au nom du « Chevalier de Rully » — souvenir de ses campagnes d'Allemagne, d'Irlande et d'Italie.
Henri de Buade, seigneur de Culêtre et maître d'hôtel du Roi, mourut à 88 ans en ayant survécu à ses sept fils, « tous tués au service du Roy ». Sa famille est celle des Buade de Frontenac, dont le plus célèbre gouverna la Nouvelle-France.
Premier ministre de Charles VII et aïeul par alliance, La Trémoïlle échappa aux poignards de ses assassins parce que son embonpoint était tel que les lames n'atteignirent aucun organe vital. Il fut simplement… rançonné par ses rivaux.
Le testament de ce seigneur bourguignon, allié de la famille, nomme consciencieusement « ses huit enfants bâtards nés de huit maîtresses différentes ». La postérité appréciera le sens de l'inventaire.
Surintendant des finances de Charles VI, ce « Marmouset » fut décapité aux Halles sur ordre de Jean sans Peur, son corps pendu au gibet de Montfaucon — puis solennellement réhabilité en 1412. La rumeur du temps en faisait un fils naturel de Charles V.
Le gisant du maréchal de Lorraine porte une singularité rapportée par les chroniqueurs : « il voulut être enterré droit » — debout dans sa tombe, comme à la bataille.
Deux ans avant la fin de sa carrière, Robert dépose à l'Académie des sciences un pli cacheté attribuant « l'origine du cancer à l'action du plomb » — une intuition de santé publique très en avance sur les débats du XXe siècle sur le saturnisme.
Cet aïeul de la matriarche Claude naquit dans la prison de Brive, où son père était incarcéré sous la Terreur. On lui donna le prénom de circonstance : Fortuné.
Blessé à la Moskova puis à la Bérézina pendant la campagne de Russie, Étienne Guillaume « Fortuné » Hayaux reçut la croix de la Légion d'honneur des mains de l'Empereur lui-même.
Une lettre du 13 décembre 1623 menace les habitants de Rully « de son ressentiment s'ils vendaient leur vin sans sa permission » ; les villageois se plaignirent aussi de devoir monter la garde du château « enfermés et à découvert » entre deux portes. La côte chalonnaise se souvient que le vignoble de Rully valait déjà qu'on se dispute son ban de vendange.
Sur la table de nuit d'André reposait une enveloppe brune de son père, Robert le mathématicien, portant ces mots : « à n'ouvrir qu'en cas de nécessité ». Elle resta secrète jusqu'à la mort d'André en 1977 — et son contenu n'a jamais été révélé. On sait seulement ce que la famille attendait de lui : « André est celui qui paraît devoir continuer la lignée de ceux qui ont eu le culte de la Science : Commerson, Ferdinand, mon Père, vous-même » (lettre de 1934).
À Londres avec son fils Pierre : « Papa avait très envie de s'acheter un costume anglais ; nous sommes allés chez Harrods, et sommes ressortis avec un costume… italien ! » Le même attendait toujours « le coup de sifflet du chef de gare pour finir sur le quai sa dernière cigarette » avant de monter le dernier dans le train — en digne patron des chemins de fer.
La famille de la matriarche tint une charge d'agent de change à Paris ; absorbée au fil des fusions, elle vit dans une lignée qui aboutit à l'actuel courtier Kepler Cheuvreux, via Crédit Agricole Indosuez Cheuvreux. Une histoire de la Bourse de Paris en une généalogie.
● événement fondateur — ceux qui ont fait la famille · ● repère historique
Hugues de Rully élève le donjon du futur château de Rully, au retour de croisade.
Les Bernard, à Montcenis, servent comme maîtres forestiers des ducs de Bourgogne : la souche documentée de la famille (Henri Bernard, 1308-1408).
Jacques Bernard, procureur du duc de Bourgogne, auteur de la filiation continue.
Anoblissement de Jacques Bernard par Charles le Téméraire, « pour ses bons et notables services ».
Hugues Bernard épouse Léonarde Sarrazin, héritière de la seigneurie de Montessus : la famille prend son nom (contrat du 5 juin).
À la mort de Pierre, ses fils Philibert et Melchior fondent les deux branches, Rully et Ballore.
Henri III nomme Melchior gouverneur de la citadelle de Chalon-sur-Saône ; il achète la seigneurie de Ballore en 1581.
Guy de Montessus épouse l'héritière de Tintry : le château de Rully entre dans la famille pour 320 ans.
Jacques de Montessus est tué au siège de Privas, Philibert au siège de Montmélian ; la peste frappe Rully.
Paul Henri, marquis de Rully, épouse sa cousine Marie Charlotte de Montessus-Bellevesvre : les deux branches se réunissent.
Preuves de noblesse vérifiées par d'Hozier ; la famille est admise aux honneurs de la cour.
Philibert Commerson, allié de la famille, embarque avec Bougainville pour le tour du monde.
Jean-Baptiste de Montessus préside la noblesse du Charolais aux États ; Patrice de Montessus de Rully est élu député — il sera lieutenant général et pair de France.
Patrice est fait pair de France héréditaire (1815) puis la famille reçoit le titre de comte (1817, confirmé 1818 ; une première concession datait de 1770).
Extinction de la vieille branche de Rully : Patrice lègue biens, droits et nom à l'aîné de ses cousins Ballore.
Robert de Montessus de Ballore reçoit le Grand Prix des sciences mathématiques pour ses travaux sur les fractions continues algébriques.
Fernand de Montessus de Ballore fonde le service sismologique du Chili, qu'il dirige jusqu'à sa mort à Santiago en 1923.
Alain Hayaux du Tilly, 20 ans, tombe aux Dardanelles ; Légion d'honneur posthume.
Édith de Montessus épouse Jacques d'Aviau de Ternay ; le château de Rully se transmet par les femmes à la famille de Ternay, qui le tient toujours.
André de Montessus, capturé en juin 1940, passe cinq ans à l'Oflag XVII-A ; son frère Jacques est prisonnier lui aussi ; Alain Hayaux du Tilly sert comme pilote de bombardier.
Le Débarquement passe sur les terres familiales : Ver-sur-Mer, Meuvaines et Asnelles bordent Gold Beach.
André de Montessus (1912-1977) épouse Claude Hayaux du Tilly (1924-2021) à Meuvaines — rencontrée grâce à un camarade de captivité : la souche des 155 membres du classement actuel.
La SNCF crée la SOFRERAIL (6 juin) pour répondre aux chemins de fer indiens ; André en deviendra directeur général — plus de 70 pays en 1977. Elle est aujourd'hui devenue Systra.
Antoine Pinay remet la Légion d'honneur à André de Montessus, à son domicile parisien.
Robert de Montessus, ingénieur de la centrale de Koeberg, meurt à 34 ans en Namibie.
Création du Laboratoire international associé « Montessus de Ballore » entre le CNRS et l'Université du Chili.
Mort de Claude, la matriarche, à 96 ans : 7 enfants, 28 petits-enfants, 71 arrière-petits-enfants.
Parution du livre de famille Patronomia en deux volumes : près de 1 470 pages et 34 générations, de la famille d'aujourd'hui jusqu'à Charlemagne, d'après l'arbre de Jean de Montessus.
Photographies : Wikimedia Commons — château de Rully (avec son vignoble) et château de Brandon à Saint-Pierre-de-Varennes (Wikimedia Commons, Félix Potuit, domaine public / Chabe01, CC BY-SA 4.0) ; château de Montessus par PHILDIC (domaine public) ; château de Ballore : carte postale ancienne (via Sdo216, CC BY-SA 4.0), restaurée et colorisée numériquement ; portraits de Fernand et Robert de Montessus de Ballore (domaine public) ; décorations : croix de chevalier de la Légion d'honneur (CC0, musée Jean Nohain), croix de Saint-Louis par Heurtelions (CC BY-SA 3.0), Croix de guerre 1914-1918 par Cinqcents (CC BY-SA 4.0), collier de la Toison d'or par Alexeinikolayevichromanov (CC BY-SA 4.0) ; carte mondiale des épicentres 1963-1998 : NASA (domaine public).